09 | 09 | 2008

Chronique cinéma

Compartiment tueurs de Costa-Gavras (France - 1965) note : moyen

A l'arrivée du train de nuit Marseille-Paris, on découvre le corps assassiné d'une femme. La police part à la recherche des autres occupants du compartiment pour recueillir leur témoignage mais elle est prise de vitesse par l'assassin, qui les élimine un par un.

Ce premier film de Costa-Gavras, qui réunit une pléiade de vedettes présentes et futures, est un petit bijou de drôlerie par le côté totalement décalé, voire surréel, de certains personnages. Michel Piccoli compose un employé quadragénaire totalement obsédé et introverti, Simone Signoret une comédienne sur le retour amoureuse et désespérée, Charles Denner un artiste à la langue bien pendue qui ne s'en laisse pas compter par la police. Même Pierre Mondy est tout à fait succulent en commissaire assénant des vérités à trois balles "et tout le toutim" qui font lever les yeux au ciel de l'inspecteur Grazziani, un Yves Montand avec des airs de Boggart de la Cannebière.

Tous ces talents sont au service d'une intrigue plus forcément originale de nos jours mais la construction de Costa-Gavras, qui accompagne les hésitations, fausses pistes et tergiversations de la police, permet d'en ménager la conclusion. Les dernières minutes du film où l'assassin (au volant d'une Dauphine-pie !) est poursuivi dans Paris (par des blousons-noirs à mobylette désireux d'aider la police !) et le lent travelling arrière, qui permet de quitter la scène du drame final envahie par une chorégraphie de pélerines comme autant de corbeaux, concluent avec saveur cette réussite oubliée.

La musique de Michel Magne accompagne parfaitement cet ensemble, adapté d'un roman parait-il plutôt quelconque de Japrisot, qui se déguste avec gourmandise et nostalgie.
Musique écoutée durant l'élaboration de cette note : Le quatuor pour cordes de Zdenek Fibich par l'ensemble Villa Musica (Night and day - 1998)