Chronique télévision

Wallander, enquêtes criminelles - Guide des épisodes (suite)


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N° 5 - Afrikanen (L'Africain) note : médiocre

Les douanes polonaises trouvent, dans un train en provenance d'Ystad, le cadavre d'un Noir tué par balle qu'ils s'empressent de retourner en Suède. S'agit-il d'un crime raciste ? Kurt Wallander prend en charge l'enquête tandis que Linda et Stefan connaissent leur première crise.

La question de savoir s'il s'agit d'un crime raciste est finalement assez vite évacuée, c'est-à-dire sans éventuellement aborder la réalité du racisme en Suède ou l'importance des mouvements néo-nazis et suprématistes qui y prospèrent.

Wallander - Afrikaner En reportant sur un déséquilibré leurs propos extrémistes, on admet à la fois l'existence de telles idées et leur marginalité. Surtout quand le personnage de Lasse, lui aussi ancien nazi, est désormais présenté comme un doux et bon père de famille et que Arvid reconnait à la fin n'avoir tenu ces propos que pour retourner à l'asile. Ouf ! L'honneur du royaume est sauf...

On se laisse donc bercer une fois encore par le train-train d'une enquête sans vraie surprise : l'homme politique ami de Wallander a effectivement quelque chose à se reprocher (le réalisateur n'y va pas de main morte pour nous indiquer que nous devons porter nos soupçons sur Kenneth et Maj Nilsson) mais il est aussi évident que Mia nous cache quelque chose... Bref, peu de suspense, le désaisissement de Kurt (flic de province) au profit de Farzan Keyhan (enquêteur venu de la capitale) étant lui-même un cliché : il est évident que Kurt saura découvrir, au final, la vérité (malgré la disparition d'éléments de l'enquête qui laisse entrevoir, seulement entrevoir malheureusement, que le système est corrompu, au moins pour les élites).

Reste notre petit couple et ça chauffe plutôt. Passons sur la crise de jalousie de Linda qui empoisonne leur relation tout au long de l'épisode. Le fait notable est la façon dont la jeune femme résoudra la prise de Stefan en otage et la stupeur, l'incompréhension ou l'effroi que l'on peut lire alors dans les yeux de ce dernier.

N° 6 - Mastermind (Jeu de piste) note : bon

Stefan et Linda répondent à un appel pour une querelle domestique et ne trouvent que le cadavre d'une femme, entièrement vidé de son sang. Tandis que l'enquête piétine et que des choses étranges se passent au poste de police, la fille de Martinsson est enlevée en pleine nuit. Les enquêteurs découvrent sa chambre remplie de sang...

Wallander - Mastermind Ne boudons pas notre plaisir même si Mastermind, épisode roublard, a un goût de déjà vu. Il y a de l'action, du suspense, de la terreur et, pour la première fois depuis le début de cette série, on peut avoir l'impression que cela bouge à Ystad.

Cette vengeance longtemps méditée par un esprit criminel hors du commun et précise comme un mouvement d'horlogerie est bien entendu totalement irréaliste et invraisemblable. Vous devrez donc, pour l'apprécier, vous laisser prendre au jeu en ne relevant pas les incohérences et impossibilités de l'histoire.

Si vous êtes un amateur des romans de Mankell, vous en avez l'habitude...

N° 7 - Den svaga punkten (Chantage à l'amour) note : médiocre

Roulant de très bon matin dans la campagne scanienne, Kurt Wallander fait la connaissance d'Anja, une psychiatre déboussolée par son futur divorce. Il l'invite à se reposer dans son appartement de Mariagatan. Un peu plus tard, un petit éleveur de chevaux est retrouvé mort par deux enfants. L'autopsie confirme qu'il ne s'agit pas d'un accident mais bien d'un meurtre...

Wallander - Den svaga punkten L'enquête en elle-même est plutôt faible, d'autant qu'elle ne semble déboucher sur rien jusqu'aux dernières dix minutes, où le témoignage miraculeux d'une fillette dévorée de remords va enfin mettre les policiers sur la bonne piste. La description du milieu sado-maso est totalement anecdotique.

L'occasion de faire évoluer un peu les personnages. Plus que la liaison entre Kurt et Anja - on est content pour eux mais cela n'offre que peu d'intérêt -, c'est le personnage de Stefan qui subit la modification la plus importante. Jusqu'à la fin de la série, on va désormais le voir aveuglé par ses préjugés ou ses propres difficultés. Ici, il s'en prend violemment à Marina (Lotta Tejle, impénétrable), la voisine de la victime, en qui il a reconnu une néo-nazie obsédée par les notions de pureté de race (chez les chevaux et chez les hommes). Oubliant son rôle d'enquêteur au profit de celui de commissaire politique, Stefan va harceler violemment cette femme qui reste digne et apparaît, tout le temps de leur confrontation, comme une victime (ce qu'adorent paraître les fascistes de tous les pays). Cela me semble particulièrement contre-productif si l'on envisage de dénoncer ces idées.

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Illustrations de cette page : Photos issus du site du producteur Yellow Bird